
Bernard Kouchner a présidé le 1er septembre le groupe de travail sur les transactions financières
internationales et le développement qui a réuni les 12 pays pionniers sur cette question. Cette réunion s’inscrit dans la suite des travaux lancés par le groupe pilote sur les financements innovants dont le
secrétariat permanent est assuré par la France et qui regroupe 59 pays ainsi que les principales ONG et organisations internationales.
En mai 2009, Bernard Kouchner avait proposé de réfléchir à une contribution pour le développement à
partir des transactions financières internationales. Un rapport d’expertise (" Mondialiser la solidarité : arguments en faveur des contributions financières ") a été remis le 16 juillet dernier. Il analyse 5 options
de financement du développement, et notamment une contribution internationale sur les transactions de change et une taxe sur l’ensemble des transactions financières. La faisabilité technique ayant été
démontrée, il importe désormais d’obtenir un accord politique sur ce sujet.
Cette réunion contribue à la préparation du Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD) à New York le 21 septembre prochain. La France organisera à cette occasion, en partenariat avec le Japon et la présidence belge de l’Union
européenne, un grand événement sur les Financements innovants qui sera l’occasion d’œuvrer en faveur d’une déclaration commune des pays et d’une résolution conjointe à l’Assemblée générale des Nations unies.
Les OMD connaissent un retard préoccupant, tandis que sont apparus de nouveaux besoins financiers liés au changement climatique. Il nous faut donc innover pour trouver des ressources stables pour le
développement (OMD) et le défi climatique. Aujourd’hui, le volume quotidien des transactions de change dans le monde avoisine les 3 600 milliards de dollars. Cinq centimes prélevés pour 1 000
dollars échangés apporteraient plus de 30 milliards par an.
Ces 30 milliards de dollars par an sont à mettre en regard avec les 16 milliards de dollars qui
permettraient de scolariser tous les enfants des pays à faibles revenus ou des 28 à 50 milliards de dollars qu’il nous faudra rassembler pour lutter contre les trois grandes pandémies (VIH, paludisme , tuberculose).
Depuis mai 2009, le sujet d’une taxation des transactions financières n’est plus un tabou. De nombreuses personnalités ont pris position à ce sujet ; l’Europe, le G20, le FMI, mais aussi les Nations
unies en ont discuté. Ce qui semblait impossible auparavant est aujourd’hui étudié ou mis en œuvre.
Financements innovants pour le développement
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